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Accueil Histoire Les racines du Pays Les racines du Pays - Chapitre 2
Les racines du Pays - Chapitre 2

Nous arrivons dans l’histoire chronologique de Nayemont aux prémices de la révolution. Mais cette histoire de nos ancêtres, nous pouvons la remonter bien au-delà des siècles de notre ère. Des découvertes archéologiques faites dans le secteur de Brompont sont datées du 4ème millénaire (âge néolithique). Un burin d’angle, un grattoir, un perçoir, des lamelles et une armature de flèche indiquent la présence humaine (à voir au musée de Saint-Dié). Il s’agit peut-être de l’incursion de chasseurs, de passages d’explorateurs ou d’une première pénétration agro-pastorale.

L’introduction de l’araire, charrue primitive tirée par des bœufs, permet de s’attaquer à des terres lourdes. Des espèces végétales résistantes s’accommodant à des conditions climatiques rudes sont cultivées. Une exploitation rationnelle du cheptel domestique, notamment par l’utilisation systématique des produits laitiers, autorise la conquête de zones où la culture reste difficile (style village d’Astérix). Ainsi, la civilisation agro-pastorale peut atteindre les flancs de la montagne vosgienne, donc notre canton. Les chemins, eux, escaladent les hauteurs en suivant les lignes de partage des eaux.

A cette époque, le passage des "chasséens" marque la Déodatie. Il semble que l’arrondissement ait subi une occupation temporaire de cette population. Le chasséen résulte du brassage de 3 courants culturels : du Danube, de la Méditerranée jusqu’à l’Orient et de l’Atlantique.

L’âge du cuivre et du bronze furent discrets. L’âge du fer est celui de l’époque celte. Dès le 7ème siècle, ils forment déjà une population brassée. Un spécialiste de cette civilisation les considère au 5ème siècle avant J.C. presque aussi hétérogènes que les populations actuelles.

Pour imaginer l’allure de nos ancêtres "Les Gaulois", il suffit donc de se regarder dans une glace !

En préliminaire à la guerre des gaules, les Celtes construisent des remparts. Du côté de l’Ormont, le Castellum se retranche derrière un fossé creusé dans le grès de 3 à 5 mètres de large sur toute la traversée de l’éperon (45m). Une muraille en pierres sèches encastrées dans le poutrage surplombait le fossé.

Les conquêtes romaines eurent des effets considérables dans l’organisation du réseau des communications dans le développement des transferts et des échanges.

Autour du Juncturae (Jointure) (Saint-Dié) s’élevaient de nombreuses villas. Le bourg règne sur le canton rural dont il vit et sans lequel il n’existerait pas. Dans un cercle de 5 à 10 km de rayon, une guirlande de villages sont ainsi sous la dépendance. La distance maximum étant fixée par le trajet que le paysan peut franchir (à pied, à cheval ou en carriole). Le bourg est reconnu, le canton rural dut exister pendant la période gallo-romaine. Le marché du Juncturae raconte la circulation d’une ville locale gallo-romaine.

L’utilisation de la monnaie impériale romaine et l’aménagement des voies interrégionales que jalonnent de nombreux camps fortifiés racontent la mainmise de Rome sur notre arrondissement. La civilisation d’une Rome pourtant lointaine irrigua cette partie des Vosges.

De ce fait, le latin se répandit et concurrença les langues gauloises. Une langue dérivante commençait, pour aboutir à la langue française et aux patois.

Ainsi, les païens ou paganis qui donnèrent le nom paysan, adoraient la nature, le soleil, les sources, l’eau, les arbres. Le paganisme admettait alors toutes sortes de Dieux. Mais cela ne durera pas…

  • Aux 5ème et 7ème siècles, c’est la fin de l’ordre gallo-romain et la dissolution de l’autorité centrale. C’est une période très agitée par des guerres et des révoltes.
  • En 259/260 et 275 : invasion des Francs et des Alamons.
  • En 352/357 : la monnaie se raréfie, les camps fortifiés sont désertés.
  • Au 5ème siècle : déferlement des Barbares.


Un moine à cette époque décrit la misère ambiante de notre région : "Lorsque de petits propriétaires ont perdu leur maison ou leur lopin de terre à la suite d’un brigandage, ou chassés par des agents du fisc, ils se réfugient dans le domaine des riches et deviennent esclaves".

En effet, les vétérans recevaient des terres pour y fonder un domaine agro-pastoral appelé Villa. Ces lieux apparaissent comme une machine à broyer l’humain, abritant une société inégalitaire, voire esclavagiste.

La décadence de l’empire romain vint peut-être d’un relâchement de l’autorité, mais elle s’explique surtout par une société inégalitaire qui réprime ses tensions par un ordre rigide et violent.
Les révoltes paysannes, conjuguées aux querelles intestines de l’armée et aux invasions, détruisent facilement l’ordre romain. La monnaie se dévalua, le brigandage redoubla et le commerce devint impossible.

Le marché de Juncturae disparut ainsi que le réseau local d’activité. L’arrondissement livré à l’insécurité connut alors une période noire comparable à celle de la guerre de 100 ans.

Au 6ème siècle, la peste noire précipita encore ce déclin.

Il faudra attendre plus de 2 siècles, après la mainmise des mérovingiens et des moines évangélistes, pour que la société renaisse.

 

Sources : Déodatie l’ancien monde C. JANEL. J. BALLAND. - Histoire de Saint-Dié par NF GRAVIER

 

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