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Accueil Histoire Les racines du Pays Les racines du Pays - Chapitre 5
Les racines du Pays - Chapitre 5

L’invention et l’humanisme jaillissent parmi les violences. Du 10ème au 13ème siècle, la féodalité s’installe. Portons le regard sur les murailles de ce moyen âge féodal. Des forteresses arrogantes hérissent les reliefs ou se profilent au-dessus de leur motte. Détaillons un peu dans le cadre de "notre ban" le château du Spitzemberg. C'est une très ancienne forteresse où des vestiges gallo-romains furent retrouvés à la fin du siècle dernier.

 

Le château du Spitzemberg

L. HUMBERT soutient que le nom de Spitzemberg proviendrait de "spéculare" signifiant observatoire, avant de trouver le sens allemand de montagne pointue. Un dessin du 17ème siècle laisse voir un donjon et une tour tous deux quadrangulaires (11ème - 12ème siècles). Deux tours rondes, l’une crénelée comme les remparts, l’autre couverte d’un toit signalant une reconstruction vers le 13ème ou le 14ème siècle. Les tours rondes sont plus tardives que les tours carrées. Les hourdes et les barbacanes ne s’observent pas avant le 13ème siècle.

Les hourdes désignaient un ouvrage de bois installé en saillie au sommet des murailles pour permettre aux défenseurs de lancer des projectiles sur les assaillants.

Les barbacanes s’ajoutaient aux autres ouvrages défensifs comme une sorte de garde supplémentaire édifiée sur la rive extérieure du fossé, en avant du pont levis.

Le château subit le choc de la guerre de 30 ans vers 1635, puis la révolution l’acheva. C’est sur ses ruines que de terribles combats se déroulèrent en 1914.

Les grandes forteresses constituent un premier maillage qui couvre le pays de points distants d’environ 15 km. Elles exercent une fonction militaire, contrôlent les routes, assurent le repli et la défensive. Les maisons fortes les relaient au milieu des villages et des populations rurales.

Les forteresses symbolisent la puissance du Duc de Lorraine. Les seigneurs du ban relaient cette autorité. Il s’agit là d’écuyers (nobles qui portent l’écu d’un chevalier et qui le représentent). Il y a aussi les vassaux du Duc et les vassaux… des vassaux. Ces nobles de second rang sont eux aussi liés à la forteresse mais résident dans leur propre maison à l’intérieur de leur châtelainerie.

La maison forte de Sainte Marguerite fut possession de Claude de Bauzemont qui aurait tué Charles le Téméraire devant Nancy.

A la fin du 13ème siècle, les petits seigneurs apparaissent bien liés aux forteresses, l’ordre seigneurial est hiérarchisé.

Les droitures de Spitzemberg contraignent les bans de Colroy - Bertrimoutier, Saulcy, Fraize, Clefcy, Anould, Lusse, Laveline, Taintrux, Ban de Sapt, Azeraille, Fraimbois, Sainte Marguerite et Provenchères.

En exemple de cette mainmise, voici la description d’un acte de succession de la "cour (ou curtis) de Bertrimoutier" soumise à Spitzemberg.

Château du Spitzemberg

 

Acte de partage

"Messire Regnaud, l’héritier, emporte la moitié du Ban de Bertrimoutier, c’est à savoir la moitié par devers Spitzemberg ainsi comme la rivière de Fave la porte, en homme, en femme, en toutes leurs tenures, en tous les hommes et les femmes manants de la Court, et leurs tenures, la vacherie (étable), le jardin, le waignage, les prés sur la rivière de Fave, le moulin de la court, le bois de la Frasse et la rivière de Fave, dès le pont de Vanifosse en amont…".

 

Le pouvoir suzerain a bien les choses en main

Entre le 10ème et le 15ème siècle, c’est l’époque des grandes découvertes : des fruits bizarres se sont acclimatés sur nos terres : l’orange, le citron, la grenade, la pêche et l’abricot. C’est grâce aux croisés que l’Europe a connu le riz, le coton, la canne à sucre, qu’elle a appris à se servir de la boussole et aussi à fabriquer le papier et… la poudre à canon. Les croisés et les marchands rapportent d’Orient des épices, des soies, beaucoup d’or et des reliques.

Tout cela parce qu’en 1095, le pape URBAIN II prêche "La guerre Sainte". Le message court la France et l’Europe. Les seigneurs en signe de ralliement se marquent l’épaule droite d’une croix d’étoffe. La croisade a trouvé son nom.

 

  • 1099, Croisade de Godefroy de Bouillon. Un seigneur Lorrain, Aubert de Varangéville y participe, aborde  à Bari (Italie), en retour de Jérusalem. Il rapporte les reliques de Saint Nicolas qui deviendra patron des lorrains.
  • 1147, Simon 1er de Paroye.
  • 1187, Philippe Auguste accompagné de Lorrains et Vosgiens.
  • 1195, l’empereur germanique Henry VI gagne la Sicile par la Lorraine, la Franche Comté, la Savoie et le Piémont. Il meurt assassiné à Messine. Les croisés rebroussèrent chemin…

 

Les croisés propageaient aussi en Europe un mal terrible : la lèpre. Celle-ci existait déjà mais les voyages en Orient intensifiaient l’épidémie.

Pour isoler les victimes et limiter la contagion, des lazarets, léproseries, maladreries apparaissent.

Un lazaret existait à proximité de la voie qui arrivait à l’église de Sainte Marguerite en 1317. Les archives du chapitre nous apprennent que l’église de Sainte Marguerite fut le but d’un pèlerinage aux époques où sévissait la peste. Des processions s’y rendirent de Saint Dié en 1397 et 1498.

 

Les armoiries

 

Les armoiries

L’essor de la chevalerie entraîne l’apparition de nouveaux équipements militaires et de nouveaux codes parmi lesquels les armoiries qui voient le jour au 12ème siècle. Elles permettent d’identifier aisément celui qui les porte, malgré l’armure qui le dissimule. D’abord réservées aux chevaliers, elles se diffusent progressivement dans toute la noblesse jusqu’à atteindre la bourgeoisie.

 

Armorial des Croisés

Aux 12ème et 13ème siècle, on rédige des armoriaux, où sont représentés les blasons. Ils témoignent de la diversité des armes abordées par ces grandes figures : ici, le blason du pape Urbain II caractérisé par deux clés croisées, celui du roi de France orné de fleurs de lys, celui de Godefroy de Bouillon…

 

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