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Accueil Histoire Les racines du Pays Les racines du Pays - Chapitre 8
Les racines du Pays - Chapitre 8

 

La roche des Fées

Comment quitter le moyen âge sans parler de la sorcellerie qui nous a laissé, après sa tragique existence, des lieux de légende dans nos paysages quotidiens, telle que l’Ormont, montagne du bonheur habitée par les fées protectrices de la vallée qui président aux naissances.

La Chaire du Diable

 

 

Les fées furent dérangées dans leur paisible demeure de "La Roche des Fées" quand Satan, jaloux des bienfaits dont elles comblaient la contrée, choisit le "Sapin Sec" pour y tenir ses assises infernales.

Par une nuit sombre et muette, voici tout d’abord le rassemblement des initiés. Portées par les quatre vents du ciel, nos sorcières ont enfourché le classique manche à balais, tandis que Jeannin, l’amie préférée du diable, chevauche sur le cou de son puissant protecteur. Minuit approche. L’appel terminé, la troupe s’ébranle, c’est "La Menée Hennequin", dont le noir tourbillon franchit l’espace et vient s’abattre sur le sommet de l’Ormont, autour d’un arbre maudit, "Le Sapin Sec".


La fête commence avec plus de cent sorciers et sorcières, couverts de masques. Habillés de rouge, haut encorné, des gants aux mains, Hennequin dirige l’orchestre, battant la mesure avec son pied de boeuf.

On mange une chair fade et un brouet nauséabond. Puis on fabrique philtres et poisons. On recueille de la bouche du maître les paroles puissantes qui jetteront les sorts. On reçoit de ses mains une poudre noire qui tuera les hommes et, malheur bien plus grand, les bestiaux.

Jules MICHELET nous donne son éclairage historique sur la sorcière : "La femme du serf cumule toutes les misères. Celles qui sont communes et qu’elle partage avec son compagnon, celles que la nature et l’église attache à son sexe. Étant la première à souffrir, elle sera la première à se révolter, elle se fera sorcière".

Elle cueille les plantes médicinales, les consolantes, communique son énergie aux faibles qu’elle envoute, elle est vouée à la clandestinité et vit entre chien et loup. Après le coucher du soleil, elle mène le sabbat, ce culte parodique qui est comme une messe à l’envers, elle ose solliciter de Satan les trois sacrements. La sorcière a un pouvoir, elle soigne, elle guérit. La femme du serf, elle, ne vaut guère plus que le troupeau, tandis que la sorcière prend le rôle dominant dans toutes les couches de la société.

La sorcellerie, résurgence d’un paganisme latent est née d’une révolte contre un sort misérable, pression fatale d’un âge de fer qui fit apparaître l’enfer comme un abri, un asile contre l’enfer d’ici-bas.
Les démons troublent le monde pendant tout le moyen âge.

La chasse aux sorcières, l’inquisition avec son cortège de tortures et de bûchers commence en Lorraine en 1530. Ce fût une contagion terrible de sorciers et de visionnaires. Rémy, le juge de Nancy, assure avoir brûlé en 16 années 800 sorciers. 5 sentences de mort sur 8 ont pour objet des femmes.

L’unique soignante du peuple pendant cent ans fut la sorcière. La grande révolution qu’elle opéra fut la réhabilitation des fonctions digestives (rien d’impur, rien d’immonde), l’étude de la matière fut dès lors affranchie. La médecine devint possible.
Une ordonnance de Louis XIV en 1673 met fin aux infamies de l’inquisition. Le procureur général REMY vouait aux bûchers tous les peuples danseurs, mais le Duc Charles III permettait par ordonnance de 1586 "la danse et autres ébattements accoutumés" devenus un besoin du peuple. Ainsi le Vosgien continuait à danser au milieu de ses afflictions.

La danse conservera longtemps dans les Vosges le caractère sacré que lui avaient imprimé les Druides. On dansait le dimanche de quadragésime après les vêpres, les garçons et les filles se réunissaient dans les lieux consacrés à cet usage que l’on appelait "La Bure". Les jeunes formaient des choeurs et chantaient, ils dansaient jusqu’à l’extinction des feux… On dansait à la fête patronale, le Grand Prévôt du chapitre ouvrait les bals champêtres. Souvent, il déléguait ce droit au maire. De ces réunions naissaient presque tous les mariages de l’année. Leur premier mérite restait le rapprochement des garçons et des filles dans les temps où chaque famille vivait dans l’isolement. Les premiers instituteurs entretinrent ces usages comme moyen de civilisation.

 

Les racines du Pays - Chapitre 7